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Extraits de la revue
Partage international

Septembre 2005 - N° 205



Ceci est une version abrégée de la revue Partage international, version française du magazine Share International.

© Share International/Partage international, Tous droits réservés.
La reproduction de ces articles est autorisée dans des revues, journaux ou bulletins, sous réserve d'en mentionner la source (Partage international) et d'en adresser coupure à : Partage international, BP 242, 42014 Saint-Etienne cedex 2.

La revue existe grâce à ses abonnés, pour soutenir sa parution et la diffusion de ses informations, cliquez ici.


Sommaire

  • Les conseils de Maitreya - par le Maître --, un des membres aînés de la Hiérarchie des Maîtres de Sagesse, dont le nom est bien connu des cercles ésotériques. Pour diverses raisons, son identité n'est pas révélée. Benjamin Creme se trouve en contact télépathique permanent avec ce Maître qui lui dicte ses articles.

  • Point de vue
    • Un monde instable en quête d’un leadership - par Ann Pettifor
  • Tendances
    • Fusion nucléaire : accélération de la recherche
    • Des enfants jockeys retournent dans leur famille
    • L’IRA renonce à la violence en Irlande du Nord
    • Indonésie : retour à la paix dans la province d’Aceh
    • Un tribunal mondial pour l’Irak
  • La voix du peuple
    • Appel mondial à l’action contre la pauvreté
    • Une mère prend position
    • Télévision alternative en Amérique latine
    • Pérou : des mines fermées grâce au pouvoir du peuple
    • Un investissement éthique
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  • Aussi longtemps qu’il faudra - interview de Brian Haw par Gill Fry
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  • Eléments pour une paix durable (2epartie) - interview de Mazin Qumsiyeh par Andrea Bistrich
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  • SIGNES DES TEMPS
    • Une statue de la vierge prend un aspect vivant
    • Un enfant russe venant de Mars
    • Brésil : accès public à des dossiers concernant les ovnis
    • Des larmes sucrées suintent d’un arbre amer
    • Des épines sortent des yeux d’un jeune garçon

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  • Faits et prévisions
    • Les atteintes au milieu marin affectent la Terre
    • Menaces sur les sonars des mammifères marins
    • La fragilité de l’environnement vu de l’espace
  • Les mensonges dévoilés
    • Irak : évaporation des fonds pour la reconstruction
  • Les priorités de Maitreya
    • Le changement climatique déclenche une crise alimentaire
    • Les principaux donateurs à l’Afrique sont des Africains
    • Zambie : l’éducation sauvée de la paralysie imposée par le FMI

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Les conseils de Maitreya

par le Maître --, par l’entremise de Benjamin Creme

Quelques efforts qu’ils déploient, les hommes politiques et autres dirigeants ont de plus en plus de difficultés à maîtriser les événements et à réaliser leurs objectifs. Malgré leur apparente compétence, les Etats qu’ils gouvernent semblent échapper à tout contrôle et suivre une voie qui leur est propre, comme si une main invisible se chargeait de les guider. Cette main invisible, c’est bien sûr la logique du changement. Ce que ne comprennent pas les gouvernants, c’est que leurs méthodes de travail comme les règles qu’ils appliquent appartiennent au passé, et ne sont guère en adéquation avec les problèmes et les besoins d’aujourd’hui. Certes ils se réunissent pour examiner ces problèmes, mais ils évitent invariablement les seules mesures qui permettraient de les résoudre. Pendant ce temps, à des degrés divers le peuple souffre, attendant que la raison et la vision viennent soulager sa détresse. Dans leur cœur les gens savent que la délivrance est possible et qu’ils y ont droit, mais pour l’instant il leur manque les structures et le pouvoir nécessaires pour l’obtenir.

Des signes de désaccord

Ils n’attendront pas indéfiniment. Déjà, dans le monde entier ils donnent des signes de désaccord et de contestation, exigeant que soient pris au sérieux leurs besoins et leurs souffrances. Leurs dirigeants, dépourvus de sagacité, ont recours aux promesses et aux palliatifs pour mettre fin à une revendication croissante d’équité et de justice. Ils n’y parviendront pas. Les peuples du monde se sont emparés d’une vision de liberté, de justice et de paix, et ne l’abandonneront pas. Ce sont eux, plus que leurs leaders, qui traceront l’ébauche de l’avenir et le façonneront selon leurs besoins. Ainsi en sera-t-il. Cette nouvelle force dans le monde — la voix du peuple — gagne rapidement en cohésion et en vigueur, et jouera dorénavant un rôle majeur dans les affaires mondiales.

Maitreya attend l’opportunité d’accroître la puissance et l’influence de la voix du peuple, et d’en guider le cours. Nombreuses sont ses composantes, et disparates ses buts. Il faut ainsi la conduire avec discernement, pour éviter qu’elle ne perde son chemin et ne dissipe ses forces.

Créer la confiance

Une et simple doit donc être la revendication du peuple. Nombreux et divers sont ses problèmes, mais universels ses besoins : la paix à travers la justice et la liberté est une nécessité pour tous les hommes. Le partage, soulignera Maitreya, est indispensable à la création de la confiance, sans laquelle rien n’est possible. « Partagez et créez une confiance bénie, dira-t-il au monde, vous connaîtrez ainsi les bénédictions de la justice et de la paix. » Avec solennité, il rappellera aux nations que nulle autre approche ne leur apportera la paix à laquelle dans leur cœur elles aspirent. Ainsi en sera-t-il, ainsi les peuples
demanderont-ils le partage, et partant la paix.
Une nouvelle opinion mondiale se manifestera dans toute sa puissance, rendant obsolètes les manœuvres et les intrigues des hommes aujourd’hui au pouvoir. C’est alors que Maitreya se déclarera à tous les peuples, et se dévouera à leur service tout au long de l’ère qui vient.


La voix du peuple

Appel mondial à l’action contre la pauvreté

Le sommet du G8 qui s’est tenu en juillet 2005 à Gleeneagles a été précédé d’un appel à une mobilisation mondiale contre la pauvreté et le changement climatique – deux thèmes sur lesquels le Royaume-Uni, qui assure actuellement la présidence du G8, cherchait à obtenir un accord de la part de ses partenaires. Sous la bannière de la campagne « Abolissons la pauvreté », des centaines d’associations caritatives organisèrent à Edimbourg le 2 juillet, le samedi précédant le Sommet, un meeting qui réunit près de 250 000 participants, de tous âges et de tous les secteurs de la société. Vêtus de blanc pour la plupart, ils firent une chaîne humaine autour de la ville, symbolisant le brassard blanc servant d’emblème à cette campagne. L’ambiance était à la fois optimiste, paisible et déterminée, et à 15 heures, l’on respecta une minute de silence émouvante.

Des figures bien connues de la politique, du spectacle et de diverses obédiences religieuses prirent la parole. Le politologue Jonathan Dimbleby rejeta l’idée que cette campagne ne mènerait à rien : « Les cyniques vous disent que vous perdez votre temps. Si vous les écoutez, il n’y aura jamais de changement. »

Le cardinal O’Brien, chef de l’Eglise catholique d’Ecosse, lut un message de Benoît XVI : « Les habitants des pays les plus riches devraient se préparer à accepter le coût de la réduction de la dette en faveur des nations les plus endettées,
et presser leurs dirigeants de tenir leurs engagements de réduire la pauvreté dans le monde, et plus particulièrement en Afrique, d’ici 2015. » Le cardinal, s’exprimant ensuite à titre personnel, demanda aux chefs d’Etat réunis « d’écouter la voix de leurs citoyens : les pauvres ne cherchent pas la charité, ils cherchent la justice ».

Des collaborateurs de Share International d’Ecosse et du nord de l’Angleterre confectionnèrent des pancartes pour la marche, portant comme slogan « Seuls le partage et la justice apporteront la paix ». Ils tinrent également un stand d’information et participèrent aux divers ateliers organisés. Tous se sont sentis émus et dynamisés par cet événement. Selon Tom Richardson, un collaborateur de Share International de Glasgow : « Les gens se sentaient vraiment concernés par toutes ces questions, et le fait de participer à cette manifestation vous faisait sentir à quel point le pouvoir populaire gagne sans cesse en force et en influence dans le monde. »

Ce même 2 juillet, les musiciens Bob Geldof et Bono, ainsi que l’écrivain R. Curtis, organisèrent huit concerts dans le monde – à Tokyo, Londres, Philadelphie, Berlin, Johannesburg, Rome, Moscou, Cornwall et Barrie – avec des audiences gigantesques. Contrairement aux concerts Live Aid organisés vingt ans plus tôt, ils n’avaient pas pour but de récolter des fonds, mais simplement, en galvanisant les gens, d’envoyer un message sans équivoque aux dirigeants réunis au Sommet.

Le discours de N. Mandela au concert de Johannesburg fut retransmis aux autres manifestations. « Tant que la pauvreté persiste, il n’y a pas de liberté », a-t-il déclaré, en pressant les dirigeants du monde à ne pas « regarder ailleurs » mais « à agir avec courage et vision ». « Quelquefois, a-t-il ajouté, il revient à une génération d’être grande. Vous pouvez être cette génération. Laissez fleurir votre grandeur. Naturellement, la tâche ne sera pas facile. Mais ne pas l’accomplir serait un crime contre l’humanité contre lequel je demande maintenant à tous les hommes de réagir. » Au concert de Londres, des stars comme le groupe U2, les Pink Floyd et Madonna furent ovationnés et l’acteur Brad Pitt introduisit ainsi un des spectacles : « Affirmons notre refus de voir un enfant mourir toutes les trois secondes simplement parce qu’il n’a pas les médicaments que vous avez et que j’ai. Affirmons notre refus de voir que notre droit à la vie dépend de notre lieu de naissance. »

Les concerts et la manifestation ont fortement attiré l’attention des médias, qui en ont immédiatement compris le message – la nécessité de la justice. Tout le monde sentait que l’on peut et que l’on doit changer les choses, et que les gens les plus ordinaires peuvent y contribuer. Des millions de personnes portaient des brassards blancs, ont assisté aux concerts, discuté des questions citées plus haut, brandi des bannières de la Campagne « Abolissons la pauvreté » et se sont unis dans une gigantesque manifestation. Pour Khy Griffin, étudiant allemand qui participait au concert de Berlin : « Les dirigeants doivent écouter, sans quoi nous nous mobiliserons pour pousser les électeurs à les congédier. La force de ce que nous ressentons ici est si évidente qu’ils ne peuvent nous ignorer. » Jackie Clark, venu avec un ami au concert de Philadelphie, rapporte : « Ils nous ont dit que la pauvreté en Afrique tue l’équivalent de deux 11 septembre par jour. Un argument qui touche au cœur beaucoup d’Américains. Je me suis senti concerné par cette cause. Il est difficile à notre nation de comprendre ce qu’est la pauvreté abjecte et la souffrance ; ce sont des réalités trop loin de son expérience. Ce concert a donné une voix à chacun d’entre nous, et maintenant, on peut parler. C’est un peu comme de voter. Nous étions tous ici pour voter pour le changement. Nous sommes tous venus dans ce seul but. »

Plusieurs jours après, les dirigeants du G8 parvenaient à un accord sur les questions de la pauvreté, du commerce et de l’environnement – un accord fait de bonnes surprises et de déceptions. Dans leur communiqué final, entre autres engagements concernant la pauvreté et l’environnement, ils ont convenu de doubler l’aide au développement et de la porter à 48 millions de dollars d’ici 2010, ainsi que d’effacer la dette de 18 pays africains.

Les écologistes ont peut-être été les plus déçus, certains ayant même été jusqu’à dire que ce sommet n’avait fait aucun progrès sur le changement climatique – notamment en raison du blocage du président Bush. Cependant, pour les associations engagées dans la Campagne, ce sommet a accompli un important pas en avant pour mettre fin à la pauvreté, même si beaucoup reste à faire ; il faut notamment maintenir la pression sur les dirigeants pour qu’ils tiennent leurs engagements. Elles ont aussi remercié le public pour les avoir accompagnées et fait en sorte que ces questions ne puissent plus être ignorées. L’association Christian Aid a reconnu l’incidence de cette démonstration de force sur les résultats du Sommet : « Que vous ayez porté un brassard blanc, envoyé des courriels, ou que vous ayez fait partie des 250 000 manifestants venus faire entendre leur voix à Edimbourg, c’est grâce à vous si la pauvreté mondiale s’est retrouvée parmi les priorités de l’ordre du jour du Sommet de cette année. »

[Sources : The Guardian, The Observer, BBC Online, Grande-Bretagne]

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Une mère prend position

En plantant sa tente devant le ranch texan du président Bush, pour tâcher de le rencontrer, une mère dont le fils a été tué en Irak a galvanisé le sentiment anti-guerre aux Etats-Unis. Cinthy Sheehan, de Vacaville (Californie), voulait lui demander pourquoi il avait déclaré que son fils était mort d’une « noble mort ».

Elle a commencé sa protestation silencieuse le 6 août 2005, le jour où le président entamait ses cinq semaines de vacances. Rapidement, les visites que lui ont rendu à ce qu’elle avait appelé son « Camp Casey » (du nom de son fils) des centaines de militants pacifistes, d’autres parents ayant perdu des enfants dans cette guerre, ainsi que des représentants des médias, ont attiré sur elle l’attention de la nation. Certaines personnes ont été si émues par les informations et les reportages sur sa démarche qu’elles n’ont pas hésité à faire des centaines, voire des milliers de kilomètres pour se joindre à elle. Choquée d’avoir entendu le président Bush dire que les soldats tués en Irak l’avaient été pour une noble cause, Cinthy Sheehan avait décidé de se rendre au ranch présidentiel après avoir présenté son action lors d’une réunion annuelle de Veterans for Peace (Des vétérans pour la paix), à Dallas (Texas). « Il a dit que mon fils était mort pour une noble cause, et je veux lui demander en quoi consiste cette noble cause.

Dites-moi quelle est la noble cause pour laquelle est mort mon fils. Et si vous commencez à me parler de liberté et de démocratie, je vous dirai « foutaises !… »  Dites-moi la vérité. Dites-moi que mon fils est mort pour le pétrole. Dites-moi que mon fils est mort pour enrichir vos amis. Dites-moi que mon fils est mort pour répandre le cancer de l’impérialisme américain au Moyen-Orient, sous le masque de la Pax Americana. Si vous ne me dites pas que mon fils est mort pour la liberté et la démocratie, c’est parce que nous ne sommes pas plus libres qu’avant l’intervention. Vous nous ôtez nos libertés. Les Irakiens ne sont pas plus libres ; ils sont dans une situation bien pire que celle qu’ils connaissaient avant que vous vous mêliez de leurs affaires. »

C. Sheehan se dit optimiste sur l’évolution de l’opinion publique américaine sur la guerre : « 58 % des Américains sont avec nous. Nous prêchons devant le chœur, mais le chœur ne chante pas. Si l’ensemble de ces 58 % se mettaient à chanter, il mettrait fin à cette guerre. »

C. Sheehan n’a de cesse de presser les gens de prendre position, que ce soit d’un côté ou de l’autre. « Si vous êtes du côté pro-Bush ou pro-guerre, alors allez prendre la place d’un soldat en Irak qui veut rentrer. Si vous êtes contre la guerre et contre Bush, levez-vous et parlez. Mais quel que soit votre camp, ne restez pas sans rien faire.

Le contraire du bien, ce n’est pas le mal, c’est l’apathie. Nous devons sortir ce pays de leurs pattes, et faire chanter le chœur. Nous devons leur dire de retirer nos troupes. »

[Sources : www.truthout.org ; www.meet-withcindy.org]


Aussi longtemps qu’il faudra

interview de Brian Haw par Gill Fry

Depuis le 2 juin 2001 – soit depuis 1 500 jours – , le britannique Brian Haw (55 ans) campe en face des Houses of Parliament de Londres, pour protester contre la politique de sanction contre l’Irak et les guerres menées contre ce pays et l’Afghanistan par les gouvernements américain et britannique.

Il a obtenu l’annulation de six ordres d’évacuation et, en août 2005, des charges portées contre lui au nom de la Serious Organised Crime Bill [sorte « d’extension » ou « d’affinement » des lois anti-terroristes prises dans la foulée du 11 Septembre]. Cette dernière loi efface 350 ans de droits à manifester pacifiquement à moins de 300 m du Palais de Westminster. Mais du fait que B. Haw a lancé son action avant son adoption, il est le seul sujet de sa gracieuse Majesté à pouvoir manifester ainsi de son plein gré.

Gill Fry s’est entretenu avec lui pour Partage international un dimanche après-midi, sur fond de klaxons de soutien des nombreux automobilistes qui circulaient dans le secteur.

Brian Haw en train de protester en face des Houses of Parliament de Londres

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Partage international : Vous avez été passé à tabac par des étrangers et hospitalisé, arrêté plusieurs fois et délogé à six reprises de votre campement. Et pourtant, vous continuez à délivrer votre message aux députés qui siègent de l’autre côté de la rue.

Brian Haw : Quand je les apostrophe depuis ici, les gens m’écoutent, un sourire amusé aux lèvres. Cela n’a rien d’un discours public, n’est-ce pas ? Mes conseillers juridiques m’ont suggéré de ne pas utiliser de mégaphone, après que, le 9 mai dernier à minuit, la police est venue me déloger manu militari et détruire mon installation. C’était le matin où le premier ministre chinois devait se rendre au Parlement pour y recevoir les admonestations de M. Blair sur les violations des Droits de l’homme dans son pays.

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PI. Vous symbolisez la voix populaire. Vous êtes, paraît-il, la seule personne autorisée à pouvoir manifester ici sans autorisation écrite.

BH. Ce sera le cas jusqu’à ce que le peuple réclame et obtienne ce droit. Comme l’homme qui a été arrêté ici ce matin, quand il est venu parler du Brésilien [Jean-Charles de Menezes] abattu par la police – laquelle a dû reconnaître peu après son innocence. Quand nous avions la peine de mort, on pouvait opposer sans fin les arguments pour et contre, et une condamnation à mort ne pouvait être prononcée que si aucun doute n’était possible sur la culpabilité de la personne arrêtée. Aujourd’hui, avec les attentats-suicides, on peut tuer n’importe qui au moindre soupçon.

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PI. Y a-t-il ici des manifestations régulières contre cette nouvelle loi ?

BH. Le 1er août, 200 personnes, la bouche fermée par des baillons noirs, ont eu le courage de se lever et de réclamer le droit à la parole. Pourquoi seulement 200 ? Qui veut être arrêté ? En fait, nous laissons régler cette affaire par d’autres.

Tonny Benn et Bianca Jagger étaient là, l’autre nuit. Assez longtemps pour qu’on vienne les menacer d’arrestation, mais, chose étrange, la police est restée à l’écart. Pas plus qu’elle n’a arrêté la sœur de Cherie Blair, Lauren Booth, même quand elle leur a demandé de le faire en leur tendant ses poignets lors de la manifestation du 1er août, alors qu’il y a eu six arrestations. Je suis ici 24 h sur 24 et 7 jours sur 7, l’homme au front, si vous voulez. Mais j’ai une armée derrière moi.

Qu’est-ce qu’on entend, ici [au Parlement] ? Tony Blair chante toujours la même chanson, comme ceux de l’autre camp, Michael Howard et, avant lui, Duncan Smith. Ce dernier disait, quand il était dans l’opposition, à ceux qui avançaient que Saddam Hussein ne disposait pas d’armes de destruction massive, qu’ils n’étaient pas réalistes. Mais ces armes n’existaient pas, n’est-ce pas ? Tous ces gens ont été tués par des menteurs.

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PI. Combien de temps pensez-vous rester ici ?

BH. Au début de la guerre, Tony Blair et George Bush disaient qu’ils continueraient « aussi longtemps qu’il faudra ». Le 2 juin, le premier policier qui est venu m’a demandé combien de temps je comptais rester ici. Je lui ai répondu : « Aussi longtemps qu’il faudra ! »

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La pluie commence à tomber. Brian ouvre un large parapluie, et nous parlons de la fraîcheur du temps.

BH. Si cela peut vous consoler, je vous dirais qu’en Irak, avec les bombes et les missiles, ils ne se plaindraient pas de la pluie. Tout est relatif.

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Une personne d’un certain âge, bien mise, s’approche pour lui donner une tasse de thé et une banane.

Le passant : Je suis pour la guerre en Irak, mais je soutiens votre action.

BH. Vous n’êtes pas en Irak, aujourd’hui. C’est facile d’être pour la guerre, vous ne risquez rien. Je ne suis pas là par plaisir. Nous massacrons ces gens depuis 90 ans. Combien de fois nous ont-ils bombardés ? Comment osons-nous traiter les autres peuples comme ça ! « Je suis pour » – c’est si détaché… Cela ne veut rien dire.

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Le passant s’éloigne.

BH. Il se croit qualifié, en position de se prononcer là-dessus. Comment est-ce possible ? Qu’il ait tort ou raison, ça ne lui coûte rien. Les députés se prennent pour Dieu, ils s’attribuent le droit de vie et de mort, comme les empereurs romains – le pouce en bas, le pouce en haut – et ils encouragent les gens à faire de même. Un jeune garçon m’a dit : « Je pense, des fois, que la guerre est nécessaire. » Je lui ai répondu : « Excuse-moi, fiston, tu n’es pas qualifié pour dire ça, tu n’y es jamais allé. Qu’est-ce que tu y connais ? Que veux-tu dire, par « je crois qu’elle est nécessaire ? »

Je parle de génocide, pas de savoir si vous pouvez repeindre votre porte d’entrée en vert quand le conseil municipal voudrait qu’elle le soit en bleu. Nous parlons de vie et de mort, du sort d’une nation entière. Nous parlons de ce qui a été fait au peuple juif, aux communistes, aux gitans, aux penseurs, aux écrivains, aux créateurs, parce que c’est dangereux de l’être. Vous avez vu comme ça l’est – quelqu’un a éprouvé le besoin de m’envoyer tous ces officiers de police. Ce n’est pas ce que le gouvernement veut entendre. [D’importantes forces de police viennent de réintégrer leurs fourgons après avoir dissuadé des manifestants].

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PI. Vous êtes ici depuis des centaines de nuits. D’où tirez-vous votre énergie, votre passion ?

BH. Je n’en sais rien. Elle vient de tout le monde. D’un soldat qui pleure sur le trottoir après avoir tué des enfants – il ne peut plus en dormir la nuit et vient me voir pour obtenir une réponse, et une aide. Personne d’autre ne peut la lui donner.

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PI. Pensez-vous que, même maintenant, il est difficile aux gens de changer d’opinion sur cette guerre ?

BH. Il est difficile d’admettre qu’on s’est trompé. Pourquoi n’avons-nous pas le courage de ce chauffeur de taxi qui, après m’avoir insulté pendant deux ans à chaque fois qu’il passait ici, s’est arrêté pour me dire : « Je devais m’arrêter pour vous dire que vous avez raison, que j’avais tort. Je tenais à vous le dire », puis m’a serré la main. J’ai beaucoup apprécié, mais c’était trop tard pour beaucoup.

PI. Qu’est-ce qui vous a poussé à venir vous installer ici ? La foi ?

BH. Quelqu’un qu’on appelle Dieu Tout-Puissant. Je faisais de l’artisanat d’art. Des petites pièces uniques, que je vendais quelques pennies chacune. Et cette pièce unique, c’est vous. Toute personne est unique. C’est ça que je trouve sidérant. Les milliards d’hommes sur la Terre sont des pièces d’art uniques. Nous avons commencé comme un petit tas de gelée informe et, après quelques millions d’années, nous sommes devenus cette personne unique. Mais si l’enfant de mon prochain est né dans un pays étranger, on tient sa vie pour sans valeur. Alors que la vie est sans prix, hors prix. On ne peut acheter d’enfant dans les grands magasins.

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PI. Pour Partage international, le partage est la clé de tous les problèmes du monde. Qu’en pensez-vous ?

BH. Le partage ? C’est une belle idée. Les Nations unies ou la formule « tous les hommes ont été créés égaux » sont de belles idées aussi. Quand allons-nous les mettre en pratique ? C’est la seule chose qui donne un sens à nos vies, dans ce monde, la seule qui le maintienne entier.

C’est fou de voir le monde gaspiller des milliards en armes quand une fraction de cette somme suffirait à satisfaire les besoins fondamentaux de tous – nourriture, eau, éducation, logement – et on se sert de cet argent pour assassiner les plus pauvres des pauvres simplement parce qu’on n’accorde aucune valeur à la vie, et qu’on considère celle de quelqu’un né en Asie, en Afrique ou en Arabie comme moins précieuse que celle de quelqu’un né à New York ou à Londres. Ne me dites pas qu’il y a la moindre différence entre ces enfants. Nous devons mettre un terme à cette folie.

Ce n’est pas du partage, c’est du remboursement. Le temps de rembourser est venu. Nous sommes les plus grands voleurs, les plus grands pilleurs de la planète. Vous connaissez l’esclavage, dans l’Ancien Testament – après sept ans, on devait vous laisser partir. Ce n’est pas comme notre esclavage à nous, où l’on tient les gens avec un collier et une chaîne. L’Afrique a toujours été en esclavage. Autrefois physiquement, dans les chaînes, et maintenant avec le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, les accords du GATT. Nous donnons des babioles aux pauvres du monde pour les duper.

Vous avez lu la lettre que j’ai envoyée à Cindy Sheehan, l’Américaine dont le fils soldat a été tué en Irak. Nous donnons des babioles à notre peuple aussi. Que penseriez-vous de recevoir un morceau de drapeau ou une pièce de métal en échange de votre fils, de votre mari adoré. On vous les a pris, et en échange, on vous donne un morceau d’étoffe, ou de métal, une « médaille ». Tout se ramène à du matériel, vous avez remarqué ? La Sierra Leone devait mourir pour ses diamants, le Chili pour son cuivre, et aux Malouines, il y avait le pétrole. Chaque fois qu’il y a une guerre, demandez-vous s’il y du pétrole.

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PI. Vous avez dû être témoin de la veillée du 15 avril pour la reconnaissance du commerce équitable. A quoi cela a-t-il ressemblé ?

BH. Quel matin c’était ! 25 000 personnes venues de nulle part, descendant Whitehall des petites bougies à la main, la rue entière illuminée – quel spectacle ! Il y avait toutes sortes de gens et de jeunes : des pratiquants chantaient, c’était beau et paisible. 25 000 personnes ont passé la nuit ici, et les médias n’en ont rien dit! Si ça avait été 25 000 chasseurs de renards, ça aurait été une autre affaire ! La grande affaire du jour !

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PI. Comment faites-vous, en hiver ?

BH. Je pense aux Afghans et aux gens du monde entier que je rencontre, et, en quelque sorte, leur amour me tient chaud. Un homme originaire d’Afghanistan est venu me voir et m’a dit que dans les villages de montagne – où ils n’ont ni télévision ni téléphone, où ils sont coupés du monde – ils connaissent tout de mon action, de moi, et ce qu’il ne peut pas leur dire, c’est que j’aime leurs enfants comme le mien, et que je pense qu’ils sont aussi précieux que le mien. N’est-ce pas là la chose la plus triste que vous ayez jamais entendue, de me dire que cela fait de moi une exception ? N’est-ce pas dans le christianisme ? C’est certainement aussi dans les traditions musulmane et juive.

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PI. A quoi sert votre action ?

BH. Elle donne de l’espoir aux gens. Trop nombreux ont oublié depuis longtemps ce que c’est, spécialement là où l’on meurt beaucoup, où la vie humaine est sans valeur – comme au Cambodge, en Irak, en Palestine, en Afghanistan. Nous devons donner aux gens l’espoir que les choses pourraient changer, qu’il peut y avoir quelque chose de meilleur. On a besoin de croire en quelque chose qui nous dépasse parce qu’on a besoin d’aide, non ? On ne peut pas s’en tirer tout seul – la pagaille est trop grande, et plus on la sonde, plus sale elle apparaît. On ne parle que d’argent, de mégabusiness. Et la seule façon de résister à cela, c’est de regarder le visage de nos voisins.

Il y a pas mal de gens qui rentrent un peu fous, de cette guerre, un peu comme pour le Vietnam. On récolte ce qu’on a semé. J’aime semer du bien : amour, confiance, honnêteté. Le partage, c’est la réponse, et plus on remboursera, matériellement, plus nous y gagnerons.

Quand on donne une livre sur les dix que nous avons, on pense s’être appauvri d’une livre. La Bible dit de donner le dixième de nos biens à Dieu (la dîme). On croit qu’une fois cela fait, sous forme de dons à des religieux, on est quitte avec Dieu. C’est juste, mais c’est le minimum. Dieu donne 100 % – il me donne chacune de mes respirations – je n’ai rien eu à payer pour aucune d’elles, n’est-ce pas ? Nous considérons tout comme allant de soi, naturel : la pluie, la germination. Si cette semence ne germait pas, que pourrions-nous y faire ? C’est ça, le don de la vie. Chacun de nous l’a reçu. Ma vie ne m’appartient pas – elle m’a été donnée. Et chacun de nous a une dette à payer. Chacun de nous doit une vie à notre Créateur. Alors, quoi de mieux que de consacrer la sienne au bien ?

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PI. Avez-vous quelques souvenirs particuliers sur les personnes qui sont venues se joindre à vous ?

BH. Il y a eu une Chilienne nommée Pila, une petite dame, grêle, mais pleine de joie, de lumière et d’énergie, d’une telle vigueur, d’une telle passion. Elle est venue protester ici à propos de Pinochet : « Tony Blair, Etats-Unis, arrêtez de protéger Pinochet. N’oubliez jamais le 11 septembre 1973 – Chili. » Elle était cancéreuse, en phase terminale, et souffrait beaucoup. Mais malgré cela, elle était ici, sur les barrières, criant pour son peuple. Alors qu’il y avait des « beaufs » qui partaient à cause de quelques gouttes de pluie, ou bien du froid, quand ce n’était pas pour un match de foot… Avant de mourir, elle est venue chez moi et a dit à son mari, un Espagnol correspondant pour CNN, de nous faire passer sur cette chaîne. C’est ainsi que le jour de Noël, nous sommes passés en Amérique latine et Etats-Unis, pendant 3 minutes. Imaginez-vous Brian en bas de Big Ben en train de parler de paix un jour de Noël !

Aucun de nous ne sait combien de temps il vivra, mais ce n’est pas la durée qui compte, c’est la façon dont on a employé sa vie. L’existence abrégée de cette femme a été plus remplie que les longues vies de bien des gens. Quand nous réveillerons-nous ? Trop de gens meurent. Quand allons-nous nous lever et dire : « Cela suffit ! ».

[Source : www.parliament-square.org]

Considérée comme hideuse par beaucoup de députés, l’immense affiche de Brian attire fortement l’attention.

 

 

 

 


Eléments pour une paix durable

interview de Mazin Qumsiyeh par Andrea Bistrich

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Militant palestinien et professeur à l’université de Yale, Mazin Qumsiyeh vient de publier un ouvrage, Sharing the Land of Canaan – Human Rights and the Israeli-Palestinian Struggle. (Partager la Terre de Canaan – les droits de l’Homme et le conflit Israélo-palestinien) (1) dans lequel il examine les questions centrales de ce conflit et dessine les grandes lignes d’une paix durable, basée sur l’application sans exclusivité des Droits de l’Homme.

Il a cofondé de nombreuses associations et organisations, telles que Triangle Middle East Dialogue, Carolina Middle East Association, the Holy Land Conservation Foundation, the Middle East Genetics Association et la Coalition pour le droit au retour des Palestiniens et universitaires pour la justice.

Andréa Bistrich l’a interviewé pour Partage international.

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Partage international : Le conflit du Moyen-Orient est-il d’abord de nature religieuse, ou est-ce une lutte pour un territoire, l’eau et d’autres ressources naturelles ?

Mazin Qumsiyeh : Ce conflit est, essentiellement, une lutte que mènent des gens pour rester sur une terre où ils sont nés face à une campagne sans pitié de « nettoyage » (terme utilisé dans le programme du mouvement sioniste au tout début du XXe siècle). Près de cent ans après le début de ce conflit, les deux tiers d’entre eux sont soit réfugiés, soit déplacés, le reste vivant dans des zones de plus en plus restreintes où ils connaissent une situation croissante de pauvreté et de ghettoïsation.

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PI. Qui profite de l’instabilité du Moyen-Orient ?

MQ. Plusieurs groupes : a) L’industrie militaire. Les Etats-Unis sont le principal exportateur d’armes du monde et 60 % de ces exportations vont au Moyen-Orient.

b) L’industrie pétrolière. Moins d’engagement des Etats-Unis dans la région pourrait signifier la fin de la dépendance pétrolière, le développement de sources alternatives d’énergie et une politique d’économie d’énergie.

c) Les think-tanks de Washington et leurs employés. Pas moins de 24 de ces groupes reçoivent un financement important de la part d’intérêts particuliers, allant des industries militaires et pétrolières aux lobbies pro-israéliens.

d) De nombreux responsables sionistes. Certains sont très écoutés, voire adulés, et donnent des conférences payées à prix d’or. Collectivement, ils peuvent maintenir le caractère juif de l’Etat d’Israël et empêcher des réformes démocratiques nécessaires, comme la séparation de l’Etat et de la religion ou un ensemble de mesures visant à mettre un terme au développement économique anarchique actuel.

e) Les fanatiques religieux (qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans) qui croient dans les scénarios catastrophes. Ils ne tiennent aucun compte des appels sans ambiguïté de leurs religions au pardon, à l’amour et au respect de l’autre. Les colons juifs d’Hébron en fournissent un bon exemple, tout comme Ben Laden.

f) Nombre de dirigeants arabes. Une solution au conflit pourrait faire sauter la première et unique justification à leurs pouvoirs dictatoriaux, qui tirent des bénéfices immenses des ressources pétrolières et des trafics d’armes et distraient leurs citoyens des problèmes locaux.

g) De nombreux fonctionnaires américains [aux Etats-Unis, un certain nombre de fonctionnaires sont élus] qui reçoivent des millions de dollars sous forme de dons pour être réélus, de la part des sionistes et d’autres groupes qui profitent du statu quo. L’absence d’un conflit au Moyen-Orient pourrait les priver des fonds en provenance de certains secteurs de leur électorat habituel.

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PI. Israël a violé plus de 65 résolutions du Conseil de sécurité et en a évité 37 autres grâce au veto des Etats-Unis. Cela ne l’empêche pas de recevoir des milliards d’aide prélevés sur les impôts américains. Comment expliquer cette relation entre les deux pays ?

MQ. Selon les estimations du magazine américain Fortune, le lobby sioniste américain est le quatrième par ordre d’importance, et certainement le premier parmi ceux qui s’occupent de politique étrangère. Mais je crois qu’il y a d’autres facteurs importants que j’ai cités au début de cet entretien quand j’ai fait la liste de ceux qui profitent de la prolongation de ce conflit de basse intensité (complexe militaro-industriel, intérêts pétroliers…).

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PI. Combien de temps Israël pourrait-il tenir dans son occupation illégale de la Palestine sans le soutien des Etats-Unis ?

MQ. Selon un article de l’essayiste israélien Nehemia Stessler paru dans Haaretz, sans le soutien des Etats-Unis, Israël aurait été depuis longtemps soumis à un embargo commercial et « chassé de tous les forums internationaux, pour ne pas mentionner l’Onu ». Cet Etat n’aurait donc pu tenir longtemps, dans la mesure où il dépend des importations de matières premières et des exportations d’armes (pour la plupart sous licence américaine).

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PI. Quelles mesures seraient susceptibles de produire les premiers signes de paix et de démocratie dans la région ?

MQ. Il faudrait supprimer l’aide militaire et économique à Israël et le soumettre à des boycotts et à des retraits d’investissements sur le modèle de ce qu’on a fait pour l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. C’est la seule façon d’arriver à une paix juste et durable.

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PI. Votre livre veut avant tout éclairer les enjeux de la situation actuelle pour permettre l’instauration d’une paix durable, fondée sur les Droits de l’homme et inscrite dans le droit international. Quel est le rôle de la communauté internationale, dans ce processus ?

MQ. Je voudrais dire simplement ceci : la meilleure « feuille de route », la seule qui puisse conduire à une paix véritablement juste et durable, c’est la Déclaration universelle des droits de l’homme. Amnesty International dit avec raison que, si les accords d’Oslo ont échoué, c’est parce qu’ils les ont ignorés. La « feuille de route » de l’administration Bush (soutenue par le « Quartet » – l’Onu, l’Union européenne, les Etats-Unis et la Russie) comprend 2 218 mots, mais il manque les quatre essentiels : Droits de l’homme, droit international.

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PI. Que faire quand l’Etat d’Israël viole la Déclaration universelle des droits de l’homme, considérée comme une condition sine qua non de la paix ?

MQ. Si l’on veut mobiliser les gens en faveur d’une campagne de boycotts, de retraits d’investissements, ou de toutes autres méthodes susceptibles de produire des changements effectifs, il est essentiel de débattre avec eux de ces questions, et de les informer des faits incontestables. On devient actif dès que l’on s’est aperçu que l’on nous a menti. L’hypocrisie des gouvernements, les politiques de « deux poids, deux mesures », qui sont à la base du racisme et des oppressions sont ressenties comme particulièrement blessantes par les gens honnêtes.

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PI. Neuf millions de Palestiniens sont sans patrie, spoliés de leurs terres et de leurs propriétés. Que veulent-ils, en termes de justice, d’égalité des droits et d’autodétermination ?

MQ. Les Palestiniens ont leur pays : la Palestine. Le fait que la plupart d’entre eux aient été dépossédés, que beaucoup vivent dans des camps de réfugiés ou dans des cantons de plus en plus réduits, ne durera pas toujours. Peu importe le temps que cela prendra. Ils continueront à lutter et à résister jusqu’à ce que leurs droits fondamentaux soient reconnus (en particulier celui de retrouver leurs maisons et leurs terres). Ces droits ont été formulés expressément dans des accords internationaux (mais, étant inaliénables, leur valeur ne dépend pas de ces accords). Je crois que la reconnaissance du droit au retour et celui d’être traité sur un pied d’égalité avec tous les autres hommes, indépendamment de la religion, sont deux droits fondamentaux.

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PI. La paix est possible au Moyen-Orient, dites-vous. Quand ?

MQ. Cela pourrait prendre de cinq à dix ans, si la mobilisation était suffisante, à vingt ou trente ans. J’ai été surpris de la rapidité avec laquelle l’apartheid a été démantelé en Afrique du Sud, avec quelle rapidité est tombé le Mur de Berlin. Rétrospectivement, il aurait été difficile de faire des prédictions sur ces évènements historiques (comme, également, le retrait américain du Vietnam). Comme toujours, personne n’a de boule de cristal, et les surprises ne sont jamais à exclure.

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(1) Sharing the Land of Canaan – Human Rights and the Israeli-Palestinian Struggle. Pluto Press, 2004.

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Plus d’informations : www. al-awda.org.


Signes

Une statue de la Vierge prend un aspect vivant

Dans une petite ville du sud de l’Italie, on a vu une statue de la Vierge en plâtre bouger les membres et le plâtre se transformer en « chair et sang ».

Pendant le week-end du 23 et 24 juillet 2005, des visiteurs de l’église de San Pietro, à Acerra, près de Naples, ont vu certaines parties de la statue « prendre forme humaine, le plâtre devenant chair et sang », ses genoux se déplacer et une croix apparaître sur sa poitrine.

« Hier soir, j’ai vu le lobe de l’oreille s’allonger et devenir de la chair, tout comme le nez, qui a pris une teinte rosée, a raconté Maria, l’un des témoins. La robe est devenue un voile, montrant les jambes ». Un autre témoin Domenico, âgé de quarante-cinq ans, a déclaré : « Les jambes ont commencé à devenir plus apparentes et les genoux se sont déplacés vers l’avant, en étirant les plis de la robe blanche. Il ne s’agit pas d’un phénomène de suggestion. Nous sommes nombreux à l’avoir réellement vu. »

La statue mesurant 1 m 60, composée de plâtre et de marbre, fut faite spécialement pour l’inauguration de la nouvelle église en décembre 2004. Elle fut installée sur un piédestal près de l’autel et elle représente la Vierge tenant un rosaire et une croix et vêtue d’une robe blanche assez moulante. Les personnes qui font le ménage ont déjà vu la statue bouger auparavant, mais elles n’avaient rien dit de peur que l’on ne les prenne pas au sérieux.

Quelques témoins ont filmé le phénomène sur leurs téléphones portables et on pense qu’il a été également filmé par une caméra vidéo. Des images du miracle ont été montrées dans les journaux télévisés un peu partout. Les appareils photos ordinaires semblent cependant ne pas avoir capté la transformation. Les photographies ont été transmises à l’évêque de la région qui reste sceptique et se demande s’il doit réunir une commission pour évaluer la possibilité d’un miracle.

Le maire d’Acerra, Espedito Marletta, bien que membre de la Rifondazione Comunista (le parti communiste refondé), profondément laïque, pense que ce « miracle » est un signe de l’angoisse de la Vierge face aux attentats terroristes et un appel en faveur de la paix.

[Sources : www.timesonline.co.uk, G.-B. ; www.ansa.it, Italie]

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué qu’il s’agissait d’un authentique miracle manifesté par le Maître qui fut la Vierge Marie.]

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Un enfant russe venant de Mars

Boriska, un enfant russe âgé de neuf ans, vivant dans la région située au nord de Volgograd, affirme être originaire de Mars et il a longuement parlé de cette planète ainsi que de l’histoire ancienne et de la situation actuelle de la Terre. Selon une équipe qui s’est rendue dans la région où vit le jeune garçon, Boriska a parlé à un groupe de personnes de la vie sur Mars – de ses habitants, de leurs vols en direction de la Terre et d’autres planètes, de leurs vaisseaux spatiaux et de leurs cités mégalithiques – et également d’un ancien pays sur la Terre, la Lémurie, qu’il connaissait en détail, car c’est là qu’il avait atterri en venant de Mars. Un ufologue, Gennady Belimov, a rendu visite par la suite au garçon et à sa famille et écrit un article pour Pravda on-line.

La mère de Boriska a déclaré ceci : « Lorsque Boriska avait seulement un an il commençait à lire les lettres de l’alphabet et à l’âge de dix-huit mois il était capable de lire les gros titres du journal. Il commença à peindre à l’âge de deux ans. Nous le mîmes alors à la garderie. Les enseignants furent stupéfaits de ses talents et de sa manière inhabituelle de penser. Il possède une mémoire exceptionnelle et une incroyable capacité à saisir de nouvelles informations. »

Cependant les parents remarquèrent bientôt que leur enfant avait acquis des informations par lui-même. « Il s’asseyait parfois en lotus et se mettait à parler », a dit sa mère. « Il parlait de Mars, de systèmes planétaires, de civilisations lointaines. Nous ne pouvions en croire nos oreilles. Comment un gamin pouvait-il savoir tout cela ? Le cosmos, des histoires interminables concernant d’autres mondes et l’immensité du ciel, c’était pour lui comme des mantras quotidiens dès l’âge de deux ans. Boriska nous a parlé de sa vie antérieure sur Mars, du fait que la planète était habitée, mais qu’à la suite d’une catastrophe terrible elle avait perdu son atmosphère et que maintenant ses habitants devaient vivre dans des cités souterraines. Lorsqu’il vivait sur Mars, Boris avait l’habitude de s’envoler assez fréquemment vers la Terre pour faire du commerce ou s’adonner à des recherches. Il semblerait que Boriska pilotait alors son propre vaisseau spatial. C’était à l’époque de la civilisation lémurienne. Une catastrophe majeure eut lieu sur la Terre. Un immense continent fut englouti sous les eaux. »

Boriska pense qu’aujourd’hui le temps est venu pour les « hommes spéciaux » de naître sur Terre. « La renaissance de la planète approche. Une nouvelle connaissance sera demandée, une mentalité différente de la part des Terriens. »

On a demandé à l’enfant s’il avait une mission spéciale à remplir, et s’il était conscient de celle-ci. « Il dit qu’il peut deviner, a déclaré sa mère. Il dit qu’il sait quelque chose sur l’avenir de la Terre. Il dit que ces informations joueront un rôle très significatif dans l’avenir. » « Que sais-tu des dimensions multiples ? » a-t-on demandé à Boriska. Il a parlé de ses voyages en ovnis : « Nous décollions et nous débarquions sur Terre presque aussitôt ! » Il a pris un morceau de craie et commencé à dessiner un objet ovale sur un tableau. « Il est formé de six couches, a-t-il dit, 25 % pour la couche extérieure faite de métal solide, 30 % de quelque chose qui ressemble à du caoutchouc pour la seconde couche, à nouveau 30 % de métal pour la troisième. Les 4 % de la toute dernière couche sont composés d’une substance magnétique particulière. Si nous chargeons cette couche magnétique d’énergie, ces engins sont capables de voler n’importe où dans l’univers. » En ce qui concerne la maladie, Boriska a déclaré : « La maladie vient de l’incapacité des gens à vivre de manière correcte et à être heureux. Vous devez attendre votre moitié cosmique. On ne devrait jamais se mêler de la destinée des autres. Les gens ne devraient pas souffrir en raison de leurs fautes passées, mais entrer en contact avec ce qui est prédestiné pour eux et essayer d’atteindre ces hauteurs et de partir à la conquête de leurs rêves. Vous devez montrer plus de sympathie et de cœur. Si quelqu’un vous frappe, prenez-le dans vos bras, excusez-vous et agenouillez-vous devant lui. Si quelqu’un vous hait, donnez-lui tout votre amour et votre dévotion et demandez-lui pardon. Telles sont les règles de l’amour et de l’humilité. Savez-vous pourquoi les Lémuriens sont morts ? Je suis moi-même à blâmer en partie. Ils ne voulurent plus développer la spiritualité. Ils s’écartèrent de la voie prédestinée, détruisant ainsi l’ensemble de la planète. Le sentier de la magie mène à une fin mortelle. La véritable magie, c’est l’Amour ! » « Comment sais-tu tout cela ? » lui a-t-on demandé. «  Je le sais, a répondu Boriska. Kailis. » – « Qu’as-tu dit ? » demanda le journaliste. « J’ai dit : Hello ! C’est le langage de ma planète ? »

[Source : www.english.pravda.ru ]

[Le Maître de Benjamin Creme a confirmé l’authenticité des origines du jeune garçon mais ajouté que certaines de ses informations étaient inexactes.]


VideoLetters : un outil pour la réconciliation

interview d’Eric van den Broek par Felicity Eliot

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1992. A nouveau la guerre en Europe – cela semblait impensable. Mais le continent fut forcé d’ouvrir les yeux sur le fait que la guerre avait éclaté dans sa propre cour, dans une région où nombre d’Européens allaient en vacances ou pour affaires. Et à la fin d’un vingtième siècle qui avait déjà connu tant de conflits.

L’éclatement de l’ex-Yougoslavie a donné l’occasion à d’anciennes différences de se transformer en ferveur ultranationaliste. Pendant plus de 40 ans, Serbes, Bosniaques, Croates et Albanais – des peuples aux arrière-plans religieux et ethniques variés – avaient vécu dans la paix et la tolérance mutuelle sous l’autorité fédératrice du président Tito. Mais sitôt celle-ci disparue, des démagogues ambitieux et avides de pouvoir consolidèrent leurs positions, d’abord grâce à des milices locales, puis en étendant peu à peu leur influence et leur domaine. L’inimitié, la peur et la suspicion montèrent les villes, les communautés, les familles même, les unes contre les autres.

Ce qui s’ensuivit constitua l’un des épisodes les plus honteux de l’histoire de l’Europe contemporaine. Au cours des guerres de Yougoslavie, ce furent 300 000 personnes qui perdirent la vie et deux millions qui durent quitter leurs foyers. Le continent est encore aujourd’hui en train de s’occuper des conséquences de ce conflit. La pauvreté et le désespoir ont poussé nombre de Yougoslaves à s’exiler dans d’autres pays européens. Maints villages se sont plus ou moins vidés, on ne compte plus les champs et les vergers à l’abandon.

Aujourd’hui, en 2005, le monde vient juste de commémorer le massacre de milliers d’hommes et de jeunes musulmans à Srebrenica, où l’on a encore récemment découvert de nouveaux charniers.

Les répercussions furent telles, tant sur les infrastructures que sur les communautés, que de nombreux villages sont à peine en état de fonctionner. Le besoin de reconstruire des maisons, dont souvent il ne restait rien, a fait passer à l’arrière-plan celui, crucial, de la réconciliation entre et à l’intérieur des communautés.

Le cinéaste documentaire indépendant néerlandais Eric van den Broek et sa partenaire, Katerina Rejger, se trouvaient à Sarajevo en visite chez des amis, en 1996, juste après la guerre. Ils s’aperçurent rapidement qu’apparaissait une sorte de leitmotiv au fil des conversations, que ce soit avec des musulmans ou des chrétiens, des Bosniaques ou des Serbes.

Felicity Eliot s’est entretenue avec Eric van den Broek pour Partage international.

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Eric van den Broek : Nous étions depuis peu des cinéastes indépendants et avions notre équipement avec nous. Nous étions venus des Pays-Bas, et dès notre entrée en Bosnie, nous avons pu mesurer l’ampleur des destructions, des ruines et du chaos. Sur des kilomètres, des endroits entiers étaient rayés de la carte. Nous étions en état de choc, et nous nous sommes mis à nous interroger sur le pourquoi de cette guerre.

Nous avons commencé à demander à tous ceux qui le voulaient bien de nous parler de leurs expériences.

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Partage international : Avez-vous perçu une réticence, chez les gens, à exposer leurs idées politiques ?

EvdB. On aurait pu s’y attendre, mais nous avons découvert qu’ils voulaient réellement parler de politique ; tout le temps, en fait. Nous avons eu l’impression qu’elle leur servait d’exutoire.

PI. Vous vouliez avoir accès à un autre type d’expérience ; mais n’était-ce pas trop douloureux, pour eux, si peu de temps après la guerre ?

EvdB. Nous avons demandé aux gens que nous rencontrions ce qui leur était arrivé. Nous avons très vite eu l’impression qu’il régnait entre eux une sorte de déception mutuelle généralisée. En Bosnie, les gens vivaient très proches les uns des autres ; ils formaient des communautés extrêmement liées, où tout le monde se connaissait. Et nos interlocuteurs se déclaraient tous déçus par leurs amis.

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PI. Pour ceux d’entre nous qui ne connaissent pas très bien les conditions de vie d’avant la guerre dans l’ex-Yougoslavie, vous voulez dire que les amitiés, les partenariats, la mixité sociale entre gens de cultures différentes étaient choses normales avant l’éclatement du conflit ? Que les Serbes et les Croates étaient amis, les musulmans et les chrétiens collègues, amis, partenaires, allaient à l’école ensemble et pouvaient vivre ensemble sans souci des différences ?

EvdB. Exactement. Et brusquement, il y a eu la guerre, et un après-guerre plein de suspicions et de peur. Leur confiance était atteinte. Et lorsque nous leur demandions si eux-mêmes leur avaient téléphoné, c’était toujours la même réponse : « C’est à eux de le faire. »

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PI. Qu’avez-vous fait, alors ?

EvdB. Nous avons alors décidé d’aller « de l’autre côté » et de poser les mêmes questions pour voir si les attitudes étaient les mêmes. Si, par exemple, nous avions interviewé des musulmans, nous allions immédiatement poser les mêmes questions à leurs anciens amis ou collègues Serbes chrétiens ; leur demander de nous raconter leurs histoires personnelles, de nous parler de leurs souffrances, de leurs pertes, et de leurs griefs. Et là encore, c’était la même réponse : « C’est à eux de nous écrire d’abord, de nous téléphoner d’abord. »

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PI. Cela ressemblait à une impasse ?

EvdB. Nous sentions que nous pourrions faire quelque chose avec l’information et les interviews que nous avions recueillis, mais sans savoir précisément quoi. Nous avons alors décidé, en attendant, de nous atteler à une autre tâche tout en continuant à réfléchir à ce que nous avions appris de toutes ces histoires personnelles.

Nous faisions un film pour la télévision néerlandaise, et un jour, nous avons lu les titres d’un journal de Sarajevo qui disaient quelque chose comme : « Là où les responsables politiques ont échoué, un groupe de rock peut réussir. » C’était à propos du concert donné par le groupe U2 dans la ville, et la nouvelle que relayaient les journaux, était que le train qui reliait Mostar à Sarajevo circulait pour la première fois depuis la guerre, pour permettre aux gens d’aller au concert !

Pour nous, c’était un peu comme un conte de fées. Nous avons alors décidé de prendre le train avec notre attirail pour y suivre les jeunes en route vers le concert. Le problème était que les jeunes Croates ne pouvaient s’y rendre, parce que le train partait de la zone musulmane de Mostar et que c’était là qu’étaient vendus les billets, et les jeunes étudiants croates avaient peur d’y pénétrer.

On avait donc une seule ville, mais divisée par une barrière, une barrière invisible aux étrangers que nous étions, mais bien réelle pour eux. C’était la peur – il y avait eu trop de combats, d’affrontements, trop de choses terribles s’étaient produites. Les Croates avaient attaqué les musulmans, et ils avaient peur des représailles s’ils pénétraient à nouveau dans leur zone. L’atmosphère était pleine de rumeurs, c’était un climat de suspicions – bref, de tout ce qui caractérise les périodes de guerre et d’après-guerre. Mais nous nous sommes arrangés pour filmer les gens dans le train et les interviewer.

J’ai décidé de monter le film en Bosnie, dans un studio de la télévision locale. Je ne tardais pas à m’apercevoir que le personnel de la station se pressait autour de moi pour regarder le film par-dessus mon épaule.

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PI. C’était des Croates ou des musulmans ?

EvdB. Des musulmans, qui regardaient et écoutaient les interviews que nous avions réalisées avec les étudiants croates du train. Le film étant encore en chantier, à l’état brut, j’ai été étonné et leur ai demandé ce qu’ils y trouvaient de si intéressant. J’appris ainsi qu’ils n’avaient pas entendu des Croates parler politique depuis la guerre. Ils voulaient connaître leur opinion depuis qu’elle avait éclatée. Il aurait été plus commode de ramener les films aux Pays-Bas, mais peut-être devions-nous en faire quelque chose sur place, en Bosnie.

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PI. C’est ainsi qu’a commencé VideoLetters ?

EvdB. Oui, c’est là que m’en est venue l’idée centrale. C’est une idée simple.

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PI. Pour autant que je puisse en parler, après avoir vu un reportage à la BBC qui parlait un peu de VideoLetters, elle est aussi extrêmement efficace.

EvdB. Pour faire ce film et mener à bien notre projet, nous avions besoin d’argent. Nous avons donc contacté des ONG et diverses institutions caritatives pour leur demander de nous sponsoriser. Tous trouvaient l’idée merveilleuse mais beaucoup, surtout les gouvernements, disaient qu’ils étaient trop occupés à reconstruire les infrastructures et les maisons pour permettre aux gens de retrouver leurs foyers et leurs communautés. Mais, pour nous, c’était prendre les choses à l’envers. Nous croyions que ce qu’il faut d’abord reconstruire, c’est la société. Qu’il faut reconstruire des ponts entre les hommes et les communautés avant les ponts physiques.

PI. Je suppose que les gens avaient peur de rentrer chez eux…

EvdB. Absolument. Ils avaient peur de leurs voisins. Il faut reconstruire les âmes, en quelque sorte, avant les routes.

Finalement, nous avons trouvé de l’argent, épisode après épisode, et nous avons démarré le projet en 1999. Le premier épisode se rapportait à l’histoire « difficile » de deux jeunes hommes, Emil et Sasha, qui avaient été les meilleurs amis dans leur enfance, passaient leurs journées à jouer ensemble, mais ne se parlaient plus depuis la guerre.

Cela a été très difficile parce qu’ils s’accusaient mutuellement d’avoir tué des connaissances communes. Après un gros travail de montage, nous avons envoyé le film aux Pays-Bas.

PI. A-t-on pu le voir en Bosnie aussi ?

EvdB. Oui. Nous nous demandions comment les gens réagiraient. Et nous avons été étonnés de voir que les spectateurs musulmans, prirent immédiatement parti pour le personnage Serbe. Nous avions d’abord cru qu’ils le détesteraient, mais c’est le contraire qui s’est produit. Ils étaient en larmes. Nous leur avons demandé pourquoi. Ce n’était pas, nous ont-ils répondu, parce qu’y était abordé la question de savoir si une personne en avait tué une autre. Non, ce qui les rendait tristes, c’était de voir détruite une belle amitié. Pour nous, le fait que leur réaction n’avait pas été une réaction d’accusation ou de haine voulait dire que nous avions touché quelque chose. Les gens ont alors commencé à discuter entre eux. C’était extraordinaire. Les épouses de Serbes qui avaient tué des musulmans et les veuves et mères de musulmans morts ont regardé le film ensemble. Elles ne s’étaient plus adressées la parole depuis la guerre.

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PI. J’ai trouvé l’extrait que j’ai vu à la télévision émouvant, et j’ai tout de suite pensé qu’on pouvait l’appliquer à d’autres cas du même genre, au Rwanda, au Congo, etc., tant cet outil me paraît efficace pour un travail de réconciliation. Avez-vous eu tout de suite cette impression, quand vous avez commencé ?

EvdB. Non, pas vraiment. On peut classer ces lettres dans la catégorie « travail de réconciliation », mais j’étais loin de voir les choses ainsi. Ce que nous savions, c’est que les 60 années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ont été, en Yougoslavie, des années de silence – sur ce qui s’était produit durant le conflit. Il était même interdit de faire mention de sa nationalité. Le silence régnait partout, et les gens avaient peur de parler. S’ils ne se parlent pas maintenant, nous sommes-nous dit, il se pourrait bien que les horreurs et la cruauté continuent.

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PI. Comment fonctionne VideoLetters.

EvdB. Nous avons confié une caméra vidéo à une personne qui voulait faire une lettre vidéo, de façon à ce quelle puisse communiquer aussi directement que possible, puisqu’ils avaient trop peur pour essayer de rendre visite à leurs anciens amis.

Nous allions chez eux et, tandis qu’ils s’adressaient à un ancien ami par caméra interposée, je les filmais, en train de lire ce qu’ils avaient écrit ou tout simplement en train de parler à la personne qu’il voulait recontacter. Nous entrions ensuite en contact avec les gens concernés – la personne ou la famille auxquelles s’adressait le message vidéo – et leur demandions s’ils voulaient le voir, et éventuellement y répondre. Les réactions étaient variées mais, généralement, nous choisissions de ne pas dire de qui émanait le message – en partie pour éviter la possibilité d’une réponse préconçue, en partie parce que nous voulions voir leur réaction spontanée lorsqu’ils regardaient la vidéo. C’était merveilleux de voir, dans pratiquement tous les cas, leurs visages s’éclairer dès qu’ils apercevaient leur correspondant.

PI. Les résultats obtenus au niveau local vous ont-ils satisfaits ?

EvdB. Notre objectif était de permettre au plus de gens possible de l’ex-Yougoslavie de voir ces lettres filmées. C’est merveilleux d’apporter le bonheur et la réconciliation au niveau individuel, mais nous voulions que ce soit la région entière qui voie les films et travaille à partir d’eux, que les gens essayent d’imaginer par eux-mêmes des solutions, non seulement aux problèmes de l’après-guerre,mais à ceux du présent et de l’avenir.

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PI. Il s’agissait donc d’aller au-delà du simple niveau personnel ?

EvdB. Oui. Nous espérons qu’en voyant ces films, les gens commenceront à se poser certaines questions. Par exemple « Comment gérons-nous nos différences ? Que devrions-nous faire, en tant que communautés, pays, groupes ethniques ? Dans quelle direction aller ? »

PI. Je crois que vous avez obtenu la collaboration d’un certain nombre de chaînes de télévision de cette région ?

EvdB. L’an dernier [2004], nous avons appris que, pour la première fois depuis la guerre, avait lieu à Ljubljana (Slovénie) une rencontre entre les directeurs de toutes les chaînes de service public de la région afin de discuter des possibilités de coopération entre elles. Ce fut pour nous l’occasion de présenter une courte compilation de VideoLetters. Il y avait des Kosovars, des Croates, des Serbes, des Monténégrins et des Albanais. L’atmosphère était tendue, on parlait peu. Notre compilation ne durait que dix minutes, mais nous avons dû l’arrêter plusieurs fois devant leur émotion – tous les directeurs étaient en larmes.

Pour détendre l’atmosphère, j’ai suggéré une pause café, et tout s’est débloqué. Ils ont immédiatement commencé à circuler et à discuter entre eux. Encore sous le coup de l’émotion, ils se sont mis d’accord pour diffuser largement les épisodes de VideoLetters. C’est quelque chose d’extraordinaire, parce qu’une poignée de chaînes de télévision ont pu déraciner la haine et appeler à la réconciliation. L’émission est diffusée dans tous les pays de l’ex-Yougoslavie.

Depuis, nous avons mis en place une ligne téléphonique et une soixantaine de points d’accès Internet où il est possible de rechercher des renseignements sur des amis ou sa famille. Des stations de radio bosniaques annoncent quand une nouvelle lettre vidéo arrive de Serbie, de sorte que son destinataire en est informé. Mais le plus important, c’est que les gens commencent à faire eux-mêmes leurs lettres vidéo et à les mettre sur le Net. Nous avons aussi un studio mobile pour étendre encore les possibilités de contact des gens entre eux, de construire des ponts entre eux.

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Pour plus d’information : www.video-letters.net

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Le New York Human Rights Watch Festival vient d’attribuer son prix Nestor Almendros 2005 à Katerina Rejger et Eric van den Broek pour le courage dont ils ont fait preuve en filmant la série des VideoLetters.


Les priorités de Maitreya

Les principaux donateurs à l’Afrique sont des Africains

Quelque 200 milliards de dollars d’aide non comptabilisée parviennent chaque année en Afrique, des Africains expatriés envoyant à leurs familles de l’argent qu’ils ont gagné en travaillant à l’étranger.

D’après Onyakachi Wambu, de la Fondation africaine pour le développement (Afford) basée en Angleterre, avec environ la moitié des 600 millions d’Africains qui tentent de vivre avec moins d’un dollar par jour, ces dons constituent un «  système invisible d’assistance permettant à l’Afrique de survivre ».

Le travailleur de nuit londonien Bernard Oppong-Kyekyeku subvient aux besoins de sa femme et de ses deux enfants vivant en ville, mais avec son salaire hebdomadaire de 250 livres (400 euros), il réussit quand même à envoyer plus de 100 livres (150 euros) par mois à sa famille au Ghana. « Il arrive qu’un parent ait besoin d’argent pour envoyer son enfant à l’école, ou pour payer des remèdes, et je les aide, déclare-t-il. Une petite somme qui ne permet pas d’acheter grand-chose ici peut durer longtemps au Ghana. »

O. Wambu raconte cependant : « Nous commençons à nous rendre compte que d’envoyer de l’argent à un parent pour envoyer un enfant à l’école ne sert pas à grand-chose si les structures de base font défaut. » Si bien que les Africains travaillent ensemble afin de réunir des sommes plus importantes. En 2004, l’Association d’aide Iteso formée de volontaires ougandais basés à Londres a réuni 10 000 livres destinées à soutenir plusieurs projets. Son président, Martin Osengor, déclare : « Nous avons besoin de médecins et nous nous efforçons de redresser la situation depuis l’Angleterre. » Cette initiative a provoqué des critiques du fait qu’elle reflète une fuite de cerveaux d’Afrique vers l’Occident. Le président d’Afford Gibril Faal voit les choses autrement : « Nous ne pouvons pas leur dire de ne pas venir, mais nous pouvons organiser des envois de fonds afin que l’argent retourne dans le pays où ils ont été formés – et contribue à la formation d’autres Africains. Les plus grands pourvoyeurs de dons à l’Afrique sont des Africains, même si vous ne pouvez croire ce que vous entendez », ajoute O. Wambu.

[Source : Metro, Grande-Bretagne]


Au-delà des divisions

par Adrian Jackson

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Les mélomanes londoniens ont souvent la chance d’assister à des concerts du plus haut niveau avec les meilleurs orchestres et se voient offert un choix extraordinaire de musiques tant classique que d’avant-garde. A cet égard, les concerts classiques Henry Wood, donnés chaque été au Royal Albert Hall, satisfont pleinement les attentes du public. Pourtant, rien ne m’avait préparé à la performance exceptionnelle de Daniel Barenboim à la tête du West-Eastern Divan Orchestra le 14 août 2005. Un événement inoubliable.

Le West-Eastern Divan est à la fois un atelier et un orchestre. Il fut fondé en 1999 par le regretté Edward Said, auteur et critique palestinien, dans le but de donner à de jeunes musiciens du Moyen-Orient l’opportunité d’étudier la musique tout en conduisant une réflexion sur le conflit israélo-palestinien.

L’atelier a établi sa base permanente en Espagne, à Séville, lieu symbolique où juifs et musulmans ont cohabité pacifiquement pendant sept siècles. L’orchestre se produira également au Festival d’Edimbourg, puis fera une tournée en Allemagne, et donnera ensuite un concert dans la ville palestinienne de Ramallah. Du fait des risques encourus par les membres de l’orchestre, leurs noms ne sont pas publiés dans le programme officiel.

Mais revenons au concert de Londres. Celui-ci a débuté avec la Symphonie concertante en mi majeur pour hautbois, clarinette, basson et cor de Mozart. L’orchestre a merveilleusement su faire preuve de la souplesse et de la délicatesse de toucher que requièrent les œuvres du « maître ». Les musiciens étaient aussi parfaitement à l’aise dans le lyrisme de l’adagio central que dans la flamboyance du final, mais ce qui m’a vraiment impressionné, ce sont les sourires et les regards échangés entre eux ici et là. D’habitude, la plupart des musiciens d’orchestre restent de marbre du début à la fin du concert (je n’y vois d’ailleurs aucun inconvénient, on est là pour écouter de la musique !). Mais ici, la complicité entre eux devenait évidente ; ils avaient du plaisir à être ensemble tout en donnant le meilleur d’eux-mêmes à la musique. D. Barenboim fidèle à son habitude, a conduit l’ensemble du concert sans la moindre partition devant lui.

Après la pause, nous pensions avoir entendu le plat de résistance avec une extraordinaire Symphonie nº 1 en ré majeur de Mahler. Cette œuvre est toujours parmi les plus appréciées des œuvres de Mahler, avec ses délicates conversations entre cordes, bois et cuivres, mais la perfection de l’exécution qu’il nous fut donné d’entendre ce soir-là a littéralement bouleversé l’auditoire à la fin du 4e mouvement. Le public de ces concerts a la réputation d’être assez enthousiaste, mais jamais auparavant je n’ai entendu un public londonien produire une telle salve d’applaudissements, de tapements de pieds et de cris. Le public ne voulait pas laisser partir D. Barenboim et, après le 4e ou le 5e rappel, ce dernier a retourné le compliment à un public majoritairement britannique en jouant « Pompe et Circonstance » de Elgar. Etant donné la place particulière qu’occupe Elgar dans le cœur des Anglais, on imagine aisément la réaction du public.

Mais la soirée n’était pas finie, D. Barenboim allait encore instiller de la magie dans un programme déjà mémorable. Revenant au pupitre, il attendit que le public se calme et avec la douceur et la sérénité qui lui sont coutumières, il parla de la formation de l’orchestre, du travail qu’ils font et ce qu’il signifie pour les participants. Il expliqua que chacun des musiciens présents ce soir-là faisait preuve d’un grand courage du seul fait de sa présence et que naturellement, ils n’étaient pas tous d’accord sur la question israélo-palestinienne.

Pourtant, ils font de la musique ensemble et cela transcende toutes les différences. Au moins, ils peuvent travailler ensemble de cette façon. Quant à la qualité de la musique produite, D. Barenboim déclara qu’il ne ferait pas de commentaire, puisque l’auditoire avait déjà exprimé son appréciation, et j’espère pour ma part en avoir témoigné une juste idée.

D. Barenboim a parlé également du travail effectué au sein de l’Atelier, et de la façon dont les participants parviennent à écouter les arguments des uns et des autres. J’ai trouvé cela très important, comprendre le discours, l’histoire, le point de vue, les arguments de l’autre, même si l’on n’est pas d’accord. C’est ce qu’ils essaient de faire.

Bien sûr, D. Barenboim est conscient que l’Atelier ne va pas résoudre ces problèmes, mais lui et son orchestre apportent leur contribution, en montrant par l’exemple comment des jeunes gens issus de camps opposés peuvent se rassembler et travailler ensemble d’une façon constructive. Il nous amène à la réalisation que même dans un conflit qui est parmi les plus durs et les plus polarisés au monde, il existe des alternatives constructives aux actes destructifs tant médiatisés. Je pense que ce message a été pleinement apprécié, et tout particulièrement par un public londonien aujourd’hui.

De nouveaux applaudissements ont retenti, après quoi, dans un ultime acte de courage, D. Barenboim expliqua qu’ils allaient jouer le prélude de « Tristan et Iseut » , un très beau moment. Il est inutile d’expliquer la portée d’un tel événement : un orchestre avec des musiciens juifs jouant Wagner, compositeur dont les opinions antisémites sont connues. Wagner fut joué avec le même aplomb que celui dont ils avaient fait preuve tout au long de la soirée.

Une soirée très spéciale avec un homme très spécial et un orchestre non moins spécial, et, je crois, un message important pour le monde.


Courriers des lecteurs

Le pouvoir du peuple

Cher Monsieur,

Le 12 mars 2005, notre groupe local de transmission a organisé une séance vidéo publique sur la conférence donnée par Benjamin Creme à Tokyo en mai 2004. Nous avons eu ensuite une séance de discussions et de questions-réponses avec les quelques personnes qui avaient vu la vidéo. Au cours des échanges, un jeune Noir américain entra dans la salle, alla s’asseoir et, bien que n’ayant pas assisté à la projection de la vidéo, commença presque aussitôt à prendre part à la discussion. Il était question de la scène politique américaine et quelqu’un parmi le public avait suggéré une attitude reposant moins sur la confrontation que sur le compromis envers l’actuel gouvernement américain. Le Noir américain déclara que l’on ne devrait faire aucun compromis avec le mal, qu’il devait être confronté de manière directe, que les gens ne devraient pas reculer.

La discussion se poursuivit sur des sujets très variés et le Noir s’exprima longuement et presque sans interruption. Il déclara que lui-même était originaire de New York, mais que San Francisco était un centre unique aux Etats-Unis en ce qui concerne les efforts en faveur de la paix et de la justice. Il ajouta que ceux qui vivaient ici devraient continuer et même accroître leur travail dans ce sens, et devenir ainsi un exemple positif pour le reste du monde. Les marches pour la paix et les manifestations étaient également bénéfiques car, dit-il, beaucoup de gens les soutenaient même sans y prendre part, et ces marches et ces manifestations donnent une note positive et encouragent les autres. Il indiqua également que des actions comme la nôtre étaient également bénéfiques et devraient se poursuivre pour la même raison. Il ajouta que nous ne pouvons jamais voir tous les effets bénéfiques des bonnes actions que nous accomplissons, car le bien se multiplie d’une personne à une autre à l’infini. Il aborda une grande variété de sujets et l’impression générale qu’il laissa fut celle d’une profondeur de vue et d’une sagesse inhabituelles. Vers la fin, cet homme suggéra que nous restions en contact. Il inscrivit son nom (Kaliym Shabazz), le nom de sa rue et son adresse e-mail sur notre liste d’adresses. Un autre co-worker le vit plus tard à la bibliothèque située à l’étage, en train d’utiliser l’ordinateur.

Cet homme était-il quelqu’un de particulier ?

M. L., San Francisco, E.-U.

[Le Maître de B. Creme a indiqué que le « Noir américain » était Maitreya.]

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Le partage sauvera le monde

Cher Monsieur,

Le vendredi 15 avril 2005, deux membres de notre groupe de transmission et moi-même nous sommes joints à la manifestation « Wake up to trade justice » (Prendre conscience de la nécessité du commerce équitable) à Londres. Nous avions beaucoup réfléchi à l’inscription sur notre bannière, ainsi formulée « Sharing Will Save the World » (Le partage sauvera le monde).

Comme des milliers d’autres personnes, nous fîmes la queue pendant une éternité pour entrer dans Westminster Abbeye. Lorsque nous réalisâmes que nous étions trop nombreux, nous déployâmes notre bannière et rejoignîmes la marche longeant Whitehall et se dirigeant vers l’endroit où la veillée devait avoir lieu à minuit.

Cependant, c’était la première fois que nous faisions quelque chose de ce genre et, pour être honnête, nous étions très embarrassés. Nous réalisâmes que notre bannière était différente de toutes les autres autour de nous, qui portaient des slogans du genre « Make Poverty History » (En finir avec la pauvreté). Nous reçûmes des regards perplexes de la foule des manifestants lorsqu’ils lisaient notre bannière. Certains se tournaient vers leurs amis et commençaient à discuter pour savoir si le partage sauverait réellement le monde. Cela aurait pu en valoir la peine, mais les commentaires que nous entendions étaient négatifs, commençant par des déclarations comme : « Pas nécessairement… » Je fus déçue de me sentir sur la défensive.

Néanmoins, nous poursuivîmes notre route, en nous assurant que notre bannière se voyait dans le flot de la circulation, jusqu’à ce que nous soyons obligés de nous arrêter au bord de la route car Parliament Square était plein. Les passants semblaient intéressés par ce qui se passait, mais comme c’était un vendredi soir dans le centre de Londres, il n’est pas réellement surprenant que ceux qui interpellaient les manifestants avaient tendance à s’en moquer.

Puis le trafic ralentit et nous remarquâmes une voiture avec plusieurs passagers. L’homme assis à côté du conducteur se penchait par la portière et lisait à voix haute les inscriptions sur les bannières. Lorsqu’il arriva à la nôtre, il la lut lentement comme pour lui-même – « Le partage sauvera le monde ». Il semblait y réfléchir.

Puis soudain il s’écria avec force : « Oui ! Oui ! » Il devint très excité, se pencha davantage et, ouvrant grands les bras, il les agita et s’écria d’un air extasié : « Le partage sauvera le monde ! » Nous l’entendîmes le redire à plusieurs reprises tandis que la voiture descendait la rue. Chaque fois qu’il énonçait le slogan, il insistait avec force et exaltation sur le mot « sauvera ».

Nous ne pûmes nous empêcher de sourire. Cet incident nous remonta le moral pour le reste de la soirée et nous nous demandâmes si cet homme n’était pas Maitreya ou l’un des Maîtres.

P. W., Milton Keynes, Bedfordshire, Grande-Bretagne

[Le Maître de B. Creme a indiqué que l’homme de la voiture était Maitreya.]

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La voix de la sagesse

Cher Monsieur,

Le 18 juin 2005, une émission de télévision sur Live Aid en 1985 montra une interview d’un cultivateur qui dut aller en justice pour obtenir l’autorisation de montrer le concert en direct sur un immense écran dans son champ. Il s’attendait à un refus. Pendant l’audience, il vit une vieille dame entrer et s’asseoir dans le fond de la salle. Elle portait des vêtements de laine usagés et avait un grand sac à la main. Juste avant que la cour ne prononce son verdict, la vieille femme se leva, s’avança et dit au tribunal : « Il y a des gens qui meurent en ce moment-même. » Elle posa la main sur l’épaule du cultivateur en signe de soutien et quitta la salle. La licence fut accordée immédiatement. Cette vieille femme était-elle quelqu’un de particulier ?

A. G., Lancaster, Lacashire, Grande-Bretagne

[Le Maître de B. Creme a indiqué que la « vieille femme » était Maitreya.]

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Une promesse

Cher Monsieur,

En 1998, un homme qui vit dans l’ouest de l’Argentine m’a raconté l’histoire suivante :

Je me rends, m’a-t-il dit, une fois par mois à 170 km au nord de la ville de San Juan pour prendre un chargement de rondins de peupliers. J’en profite parfois pour aller dans la montagne rendre visite à un couple d’amis, gardiens de chèvres, qui vivent isolés dans une humble maison à laquelle on peut difficilement accéder à travers un champ désertique, car il n’existe aucun sentier.

Mon ami m’a raconté qu’il y a quelque temps, alors qu’il travaillait dans les champs et prenait soin des chèvres avec sa femme, ils virent soudain un homme barbu, vêtu de blanc, portant un bâton et accompagné d’un petit chien, s’approcher d’eux d’un pas paisible. Ils eurent une réaction d’inquiétude car ils n’avaient entendu le bruit d’aucun véhicule venant de cette direction. De l’autre côté il n’y avait qu’une chaîne de montagnes. Sa femme alla se réfugier dans la maison tandis qu’il demandait à l’étranger comment il était arrivé jusque là. Ce dernier lui répondit : « En marchant ». C’était difficile à croire car la ville la plus proche se trouve à 100 km de là.

Heureusement apparut alors à l’horizon le camion d’un de leurs amis qui leur apporte de temps en temps des lettres de leurs enfants. Mon ami saisit l’occasion pour demander à cet homme de prendre « l’étranger » en stop, car ce genre d’individu « surgi de nulle part » ne leur inspirait pas confiance. Le camionneur, d’un naturel accommodant, le calma et invita l’homme au bâton à venir avec lui jusqu’à la prochaine ville, et ce dernier accepta.

Une semaine plus tard, le camionneur demanda au couple si « l’étranger » était revenu chez eux car, alors qu’il conduisait en parlant de la vie à la campagne, il avait à un moment donné tourné la tête vers l’étranger, assis juste à côté de lui, et celui-ci avait disparu.

Avec le recul, le berger et sa femme prirent conscience de se trouver en face de quelque chose de « très inhabituel » et ils éprouvèrent un sentiment de joie et de paix. A leur grand étonnement, quelques semaines plus tard, « l’étranger » réapparut, mais cette fois ils l’invitèrent dans leur maison faite de boue, de paille et d’adobe et il partagea leur repas.

L’étranger parla au couple de choses concernant leur famille, leurs enfants et la vie à la campagne. Ils n’arrivaient pas à comprendre comment il pouvait être au courant de tout cela, mais ils apprécièrent sa compagnie. Lorsque l’homme s’apprêta à partir, « en marchant à travers les montagnes », comme il dit, et il leur promit de revenir.

Inutile de dire que cet homme et cette femme, qui vivent si isolés, attendent avec impatience et amour leur « nouvel ami » qui leur donne l’impression d’être quelqu’un de « pas ordinaire ».

Qui était l’homme en blanc avec un petit chien ?

D. G. Gómez, San Juan, Argentine

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l’homme en blanc » avec un petit chien était Maitreya.]

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Un soutien moral

Cher Monsieur,

En juin 2004, j’aidai à tenir un stand sur la méditation de transmission au salon Mind, Body and Spirit de Melbourne. En arrivant le matin, je me sentais exaltée, remplie d’attente et de joie. Je traversai l’immense hall, passant devant de nombreux stands ayant trait à tout ce qui concerne le bien-être corporel, et j’étais pleine de reconnaissance d’avoir eu l’occasion d’entendre parler de Maitreya et heureuse d’avoir la possibilité de transmettre l’information à d’autres.

Au fil de la journée, ce sentiment s’évanouit progressivement. Je me sentais frustrée, car à chaque fois que quelqu’un me posait des questions au sujet de notre stand, mes réponses semblaient maladroites, timides et peu susceptibles d’inspirer qui que ce soit.

Vers 14 h un homme se présenta. Il avait une trentaine d’années, il était petit, vigoureux et il avait l’air indonésien ou malais. Il portait un jean, un chapeau orange, de nombreux bijoux d’argent, et il avait des cheveux assez longs avec de fines nattes, des yeux rieurs et une allure resplendissante. Il me posa des questions sur notre stand. Chacune de mes réponses était suivie par une autre question. Il pointa le doigt vers nos photos et continua à me questionner – tout se déroulait pour le mieux. Vint alors une question à laquelle je ne savais pas tout à fait comment répondre et je dis alors quelque chose comme : « Je ne sais pas bien expliquer ceci » et il répondit : « Mais si, vous le faites très bien. » Je me mis à rire en répliquant : « C’est parce que vous posez les bonnes questions. »

A un moment donné, je commençai à penser qu’il s’agissait peut-être de l’un des Maîtres, me mettant à l’épreuve, afin de m’encourager. Nous parlâmes pendant une trentaine de minutes et je lui posai de nombreuses questions – il répondit à des questions sur la nature de l’existence humaine comme quelqu’un possédant une profonde connaissance. Je sentis qu’il n’ignorait rien de mes pensées ni de ce qui me concernait, comme s’il était mon instructeur, que mon parcours et mes progrès lui étaient familiers et qu’il vérifiait de temps à autre où j’en étais pour s’assurer que je poursuivais mes efforts, mais sachant bien où je me trouverais en terrain familier.

Il eut un échange profond avec les autres membres de notre groupe et resta avec nous pendant deux ou trois heures. Ce fut une expérience réconfortante et enrichissante. Avons-nous bénéficié de la visite de l’un des Maîtres ?

A. B., Mt Dandenong, Victoria, Australie

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le visiteur était Maitreya.]

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Une image de la perfection

Cher Monsieur,

C’est aux alentours de 1994 que j’ai entendu pour la première fois parler de Maitreya et des Maîtres. Peu de temps après, alors que j’achetais un livre à la librairie Oxford Centre, à Ljubljana, je vis un couple merveilleux. Ils avaient une trentaine d’années. Ils étaient en train d’acheter quelque chose et de se renseigner auprès d’un vendeur sur les bons restaurants de la ville.

L’homme était divinement beau, il avait quelque chose de magnétique et de très particulier. Je n’avais jamais vu un être humain aussi parfait auparavant. Il avait de longs cheveux bruns bouclés et était vêtu de noir. Chacun de ses gestes et chaque mot qu’il prononçait semblaient parfaits. Il y avait en lui quelque chose de divin. Je ne pouvais détacher les yeux de lui. La femme était également très belle.

Pourriez-vous me dire qui étaient ces deux personnes ?

P. J., Ljubljana, Slovénie

[Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que « l’homme » était Maitreya et « la femme » le Maître Jésus.]


Questions-réponses

La tragédie de Londres

L’exaltation d’avoir obtenu l’accueil des jeux olympiques avait fait oublier aux Londoniens, pour un moment, la menace toujours présente et bien réelle du terrorisme. Notre sympathie doit aller aux nombreuses personnes endeuillées ou blessées dans cette terrible tragédie.

Nous aurions peut-être dû nous attendre à ce que les terroristes saisissent l’opportunité du sommet du G8 en Ecosse pour perpétrer leur attentat barbare. Il semble évident que trop d’attention et d’efforts de la part des services de sécurité et de renseignements ont été détournés de la capitale en faveur de l’Ecosse.

Ce qui est également évident, c’est que nous ne pouvons gagner une « guerre contre le terrorisme » par des moyens militaires. Les invasions de l’Irak et de l’Afghanistan n’ont protégé personne, ni nous-mêmes ni d’autres. Au contraire, elles ont accru l’éventualité d’attentats. Quelle est alors la réponse à ce féroce antagonisme ?

Il n’existe qu’une seule voie – nous devons rechercher les causes du terrorisme. Elles sont variées, mais la principale est la haine tenace engendrée chez des millions d’individus dans les pays les plus pauvres par un sentiment perpétuel d’injustice, d’inutilité et de désespoir.

Ils ne ressentent ni espoir, ni but dans la vie et sont prêts à répondre aux appels fanatiques à une « guerre contre l’Occident » lancés par les terroristes fondamentalistes « professionnels » que nous connaissons sous le nom d’Al Qaïda. Ceux-ci, ironie du sort, ont été entraînés par la CIA pour combattre les Russes en Afghanistan et se sont maintenant retournés contre leurs instructeurs.

Seule la justice apportera la paix et la fin du terrorisme dans le monde. Londres a subi des attentats à cause de la participation britannique à la guerre en Irak et également parce que le sommet de Gleneagles, la rencontre des dirigeants des huit nations les plus riches, représente tout ce que des millions d’individus en Orient et au Moyen-Orient détestent – la domination arrogante et l’usurpation de pouvoir par l’élite riche qui vit dans l’illusion que ses membres sont les dirigeants naturels du monde.

Leur domination touche à sa fin. La voix des peuples de toutes les nations se fait entendre et réclame la justice. C’est à leurs risques et périls que ces puissants dirigeants font la sourde oreille.

Benjamin Creme, 9 juillet 2005

 

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Q. [1] Les terroristes qui ont perpétré les récents attentats de Londres étaient-ils des kamikazes ? [2] Faisaient-ils partie d’un groupe plus vaste ayant des connections à l’étranger ? [3]Avaient-ils programmé davantage d’explosions que celles qui ont abouti ?

R. Selon mes informations, l’un d’entre eux était un kamikaze : celui qui a détruit le bus No 30. [2] Oui. [3] Non.

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Q. Comment le gouvernement et les forces de police de n’importe quel pays peuvent-ils assurer la sécurité de leurs villes et de leurs lieux publics contre les attentats terroristes ?

R. C’est impossible, à moins de changer l’équilibre économique du monde. Le déséquilibre économique entre les pays du G8 et les pays les plus pauvres est la principale cause du terrorisme. C’est la conséquence d’un problème spirituel qui se focalise dans le domaine économique et politique.

Q. Des attentats sont-ils davantage susceptibles de se produire dans les pays qui ont soutenu les invasions américaines et anglaises en Afghanistan et en Irak.

R. Oui. Je pense que c’est évident, même si certains, notamment les membres du gouvernement britannique, le nient.

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Q. Que peuvent faire les communautés locales pour combler les divisions potentielles entre les groupes ethniques ?

R. Accomplir le maximum d’efforts pour travailler avec tous les groupes ethniques dans une action commune. Combattre les préjugés et la séparation.

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Q. Quel rôle pourraient jouer les musulmans modérés dans le monde ?

R. Ils pourraient davantage prendre les devants en prônant de justes relations entre les différents groupes. Je pense que leurs leaders devraient mettre davantage d’ardeur à développer la tolérance, tout comme devraient naturellement le faire les leaders de toutes les religions et associations diverses.

Q. Que pensez-vous, vous-même et votre Maître, de la situation actuelle en Afghanistan qui semble à nouveau empirer ?

R. Les talibans étaient fanatiques et étroits dans leur approche de la religion et de la conduite sociale, mais ils n’étaient pas, dans l’ensemble, des terroristes. Depuis l’invasion américaine en Afghanistan, ils se regroupent et ils sont nombreux à rejoindre les groupes terroristes. Cela leur semble la seule porte ouverte. On ne peut gagner une guerre contre le terrorisme en utilisant une autre forme de terreur. On peut seulement changer les conditions qui font que le terrorisme devient la seule manière de combattre l’injustice et la pauvreté.

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Q. Maitreya ou d’autres Maîtres sont-ils apparu et ont-ils parlé [1] à des personnes présentes aux concerts Live 8 qui ont eu lieu un peu partout dans le monde et [2] à l’occasion des manifestations qui se sont déroulées à Edimbourg avant le sommet du G8 ?

R. [1] Oui. [2] Oui.

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Q. Le soutien largement répandu du public aux concerts Live 8 et la manifestation d’Edimbourg ont-ils accru la « marge de bon karma » qui permettra à Maitreya de faire plus facilement un autre pas en avant dans l’arène publique.

R. Oui. Il ne s’agit pas tant de créer une « marge de bon karma » que d’agir par nous-mêmes dans la bonne direction.

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Q. Les gens disent et réclament des choses justes, mais nos dirigeants ne semblent pas vraiment « comprendre ». Est-ce une manière exacte de décrire la scène politique ? Ou certains dirigeants commencent-ils réellement à voir ce qu’il faut faire ?

R. Non. Quelques personnes réclament des choses justes, mais jusqu’à présent elles ne sont pas assez nombreuses. Leurs rangs doivent s’élargir et devenir une force incontournable à laquelle les dirigeants dépassés devront céder la place. Quelques hommes politiques commencent à prendre conscience de l’inévitable. Les autres réagissent seulement aux événements lorsqu’ils se produisent.

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Q. Que pensez-vous des résultats du sommet du G8 ?

R. Il y a eu quelques acquis, arrachés de force à des mains réticentes : l’annulation de la dette pour dix-huit pays pauvres et des promesses (!) d’une aide accrue au cours des cinq prochaines années. En ce qui concerne l’environnement, rien de la part des Etats-Unis, comme on s’y attendait. Les signataires du protocole de Kyoto devraient s’empresser d’appliquer leur résolution.

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Q. Quel est votre avis sur la réponse dépourvue d’engagement du sommet du G8 au terrible problème du changement climatique et de la destruction de l’environnement ?

R. Elle est dénuée de profondeur, de prévoyance et d’efficacité.

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Q. La campagne Make Poverty History (En finir avec la pauvreté) est-elle inspirée par la Hiérarchie ?

R. Non. C’est l’expression de la réalisation croissante de la part de l’humanité de la réalité de la pauvreté et de ses causes.

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Q. [1] Maitreya considère-t-il les attentats terroristes comme un obstacle à sa venue au grand jour ? [2] Les événements récents ralentiront-ils son émergence ?

R. Non, ils hâtent sa venue. [2] Non, au contraire.

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Q. [1] Une bénédiction a-t-elle été donnée à l’ensemble des manifestants rassemblés à Edimbourg ? [2] Si oui, les gens l’ont-ils ressentie ?

R. [1] Oui. [2] Oui, en général.

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Q. Que pensez-vous des efforts du gouvernement britannique pour introduire des cartes d’identité en Grande-Bretagne ?

R. Si le but est de rendre plus difficile pour les terroristes la possibilité de vivre parmi nous, je pense que ce serait inutile.
Les faux passeports et les fausses cartes d’identité sont (en y mettant le prix) disponibles dans le monde entier. N’importe quel terroriste professionnel n’aurait aucune difficulté à s’en procurer. Si le but est d’exercer davantage de contrôle sur la vie des gens ordinaires, je pense que c’est un pas en arrière dans la manière de penser du gouvernement.

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Q. Dans le climat mondial actuel est-il nécessaire de sacrifier les libertés individuelles à la sécurité nationale ?

R. Je ne pense pas qu’il faille choisir entre les deux. Le bon sens enseigne que la sécurité nationale doit être recherchée avec le minimum d’intrusion dans les libertés personnelles. Je parle des pays qui aspirent tout au moins à une société démocratique libre.

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Q. Que peuvent faire les leaders africains ou les leaders mondiaux pour changer la situation régnant au Zimbabwe avec Robert Mugabe ?

R. Il appartient aux leaders africains de cesser leur soutien et de dire en public ce qu’ils pensent et disent en privé.

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Q. Dans votre ouvrage Le Grand Retour on vous demande si le Maître qui fut le prophète Mahomet est maintenant responsable de la religion musulmane. Vous répondez « Non ». Mais je me souviens que vous avez dit que Mahomet ferait pour l’Islam ce que Jésus ferait pour le christianisme : le débarrasser des vieux dogmes élaborés par les hommes, etc.

R. Le prophète Mahomet détient la responsabilité de l’Islam, mais il ne fait partie des Maîtres qui s’extérioriseront dans l’ère qui vient. Le travail de purification de l’Islam (allant de pair avec la purification du christianisme par le Maître Jésus) sera accompli par un initié désigné par le Maître qui fut Mahomet.

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Q. Les instructeurs spirituels du passé ne se préoccupaient pas de politique mais étaient focalisés sur le développement spirituel. Je suis intrigué par votre focalisation sur la politique. Pourriez-vous en expliquer les raisons ?

R. Parce que je m’intéresse à l’amour, à la justice et à la liberté pour tous. Les questions politiques, les questions économiques, sont la réalité. C’est quelque chose de spirituel. Où cesse-t-on d’être spirituel ? Quand cesse-t-on d’être spirituel ? Comment mesurer le degré de spiritualité d’une personne ? Tout dans la vie est spirituel ; nous vivons dans un univers spirituel. Il ne pourrait en être autrement. L’ennui, c’est que nous ne le rendons pas spirituel. Nous avons la politique la plus corrompue qui ait jamais été inventée, les structures économiques les plus corrompues que l’homme ait jamais imaginées. Elles ne sont pas spirituelles mais elles devraient l’être, elles doivent l’être.

Ce dont je parle, c’est d’une politique et d’une économie spirituelles et vous verrez que le Christ lui-même, le Seigneur Maitreya, l’Instructeur du monde, se concentrera au début sur les questions politiques et économiques. Ce que je dis vient de lui. Ce sont ses pensées, ses idées. La politique, l’économie devraient être ce qu’il y a de plus spirituel. La politique concerne la manière dont les gens vivent ensemble et l’économie la manière dont les ressources mondiales sont distribuées. Si vous n’êtes pas spirituel, vous le faites mal, comme c’est le cas aujourd’hui. Qui est spirituel, ces instructeurs spirituels dont vous parlez ou moi qui m’intéresse à la manière dont les gens vivent ? Vous ne pouvez parler de développement spirituel à des gens qui doivent travailler seize heures par jour pour un dollar afin d’empêcher leur famille de mourir de faim. La crise actuelle est une crise spirituelle, focalisée dans les domaines politiques et économiques et elle ne peut être résolue que dans ces domaines.





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